Arts et Culture Gressier d’antan (Première partie ) Gressier d’antan est une page d’histoire que nous tentons de retracer pour faire connaitre aux jeunes gresssiérois et gresiéroises , les moeurs et coutumes de nos grands parents En effet, ils accordaient une importance particulière aux valeurs traditionnelles qui etaient axées sur le respect mutuel , la moralité et la solidarité. Coopération journalière des cultivateurs La plupart de nos grands parents ne savaient ni lire ni écrire, mais ils avaient en commun le don de l’organisation et le sens des affaires. L’agriculture était l’une de leurs priorités. En dehors de leurs professions libérales,( tailleurs , cordonniers , menuisiers etc.) ils étaient en même temps, tous, agriculteurs et ils pratiquaient toutes sortes d’élevage dans leurs parcelles. Ce qui leur permettait de répondre simultanément aux obligations familiales et nouer les deux bouts du mois. Sans pour autant être savants, ils pouvaient choisir avec exactitude à quelle période ils devaient planter telles ou telles semences, en observant seulement le mouvement de la lune. Cette science de l’observation des images de la lune leur permettait de prédire avec une certaine assurance quand la pluie allait tomber abondamment. Dès lors, ils s’organisaient en corvée pour labourer la terre et planter les semences en une seule journée. Cette journée de corvée s’était déroulée dans une ambiance de gaîté et de fraternité. Le travail était organisé et les tâches étaient distribuées pour maximiser le rendement. Ils mangeaient, buvaient, et travaillaient ensemble d’une façon assidue pour terminer en une seule journée, à la satisfaction de tous, une mission de plusieurs jours. Qu’en dit-on du Rara ? Sans vouloir rentrer dans les détails, nous dirons que le rara est un groupe musical traditionnel. Il utilisait seulement comme instruments, le tambour, la vaccine, le clairon et quelquefois le lambi pour sonner le rassemblement. Le rara évoluait pendant tout le mois des carêmes dans leur quartier et aux environs, mais les trois derniers jours de la semaine sainte, le Vendredi Saint, le Samedi Saint, communément appelé, Samedi ‘dlo bénite’, et le dimanche des Pâques, c’était la grande sortie. Nous n’avons pas l’intention de décrire toutes les scènes du rara, mais nous voudrions signaler quelques personnages qui faisaient partie de son organisation et qui avaient pour mission de conduire le rara à bon port. C’etait, l’impératrice, les sambas, le colonel du rara, les majors jons (jongleurs) et le président 
Avant la sortie du rara, une cérémonie d’usage avait eu lieu pour implorer les loas. C’est ainsi que l’impératrice commençait un exercice préliminaire de rassemblement dans la cour avec les enfants et les vieux qui ne pourraient pas suivre le parcours du rara .Cet exercice s’appelait « CHAY O PYE » C’était une sorte d’animation où tous les participants devaient faire la ronde en dansant et en frappant les pieds au sol.
Les sambas jouaient un rôle important, ils avaient pour mission d’accompagner les musiciens dans des chansons folkloriques. L’animation dépendait d’eux tout au long du parcours. Quant au colonel du rara, il était devant la foule avec un fouet qu’il faisait claquer pour conduire la bande de rara avec cadence pour ne pas fatiguer les participants. Les ‘majors jons (jongleurs) étaient les personnages les plus populaires puisque tous les regards étaient attirés vers eux pour leurs exhibitions et acrobates avec le bâton en aluminium. Enfin, le président du rara, dressé sur son cheval décoré de toutes les couleurs, signalait la direction de tous les parcours et c’était lui également qui dirigeait le rara dans la cour des grands notables de la place pour une séance d’animation. Ces séances étaient souvent récompensées par des pourboires donnés aux jongleurs et au président du rara.